Après les désillusions des bleus en 2007 (coupe du monde de rugby, handball, coupe davis, fed cup, basket…), on pensait du chauvinisme français lointain, caractère d’une autre époque.
Le tournoi de l’Open d’Australie qui permit l’envolée triomphante de Tsonga confirme que le chauvinisme est indiscutablement ancré dans les mentalités françaises. Il ne s’agit pas ici d’affirmer que les français sont plus chauvins que d’autres, ce qui incontestablement paraît injuste. La dernière coupe du monde de football nous a démontré que d’autres nations étaient particulièrement cocardières (L’Espagne, l’Italie, le Portugal très virulentes à l’égard de la sélection française ne sont pas en reste). Toujours dans le cadre du football, les frères Gyan (Assamoah et Baffour) qui évoluent dans l’équipe ghanéenne, organisatrice de la CAN (Coupe d’Afrique des Nations) ont été l’objet de commentaires acerbes et de menaces visant même leurs parents. Voyez à quel point le patriotisme peut se révéler maléfique.
L’immodeste patriotisme français est de même inquiétant voire très grave. Avant d’étayer ma pensée, revenons sur ce premier tournoi majeur de tennis et saluons LA PERFORMANCE de JO-Wilfried Tsonga.
L’Open d’Australie 2008 a été particulièrement exaltante et originale. Postérieurement à une saison 2007 caractérisée par l’empreinte de l’inamovibilité attestée de Roger Federer et Justine Hénin au sommet de la hiérarchie ; l’O.A fut inédite compte tenu du dérangement de la hiérarchie qui s’opéra en son sein. La numéro 2 évincée, la tenante du titre renvoyée, la numéro 1 laminée et une finale dames qui voit l’ascension d’une Sharapova revenante et d’une Ivanovic conquérante. Côté messieurs, les surprises ne furent pas exclues. Andy Murray écarté dès le premier tour, Andy Roddick vaincu au 3ème tour, un Nadal malmené par le 38 ème mondial, et un Federer affaibli, éliminé en 3 sets par un Djokovic de plus en plus redoutable. De ce postulat n’est guère en marge le français (qui je le souhaite en cas de contre performances sera toujours qualifié de français et non de « franco-congolais) JO WILFRIED TSONGA. Inconnu du public français et des joueurs du circuit il créa LA SURPRISE de cette quinzaine en écartant 4 têtes de séries alors qu’il n’était que 38 ème mondial. Sa victoire la plus exceptionnelle est sans conteste sa domination sur Rafael Nadal réputé pour sa ténacité et sa vivacité. Ce triomphe lui valut un billet pour la première finale de Grand Chelem de sa carrière. De là s’ensuivirent les hystéries et les délires orchestrées par les médias français.
Que le chauvinisme frappe la population en quête d’un éclat national ; c’est bien normal et logique. Les réussites de l’équipe de France de football ont démontré que ces périodes de lumière, bien qu’illusoires ont toujours été bénéfiques pour l’ensemble de la population qui parvient à oublier ses difficultés au quotidien.
Mais que celui-ci touche les médias et les acteurs de l’information, c’est d’autant plus grave qu’absurde. Et se pose alors la question de l’éthique. Où demeure l’impartialité, principale marque du métier journalistique ?
Pour de nombreux observateurs français, décidemment aveuglés par ce patriotisme excessif, Tsonga était le favori de cette affiche. A en croire la quasi-totalité des médias français : « il allait gagner ! ». Sur quels critères logiques se base-t-on pour affirmer une telle bévue ? Sur des données statistiques ou bien sur un sentiment purement subjectif ? Il me semble qu’il ne s’agit hélas de la première option car tout bon observateur aurait nuancé les chances de victoire face à un Djokovic davantage plus complet que Nadal, bien plus expérimenté que Tsonga et muni d’une insurmontable rage de « devenir numéro 1 ». Tout bon observateur aurait noté que Novak Djokovic a produit une incroyable saison 2007 : constante et évolutif. Il a disputé toutes les demies finales de Grand Chelem, a été finaliste à l’US Open, et fut le premier à battre successivement les 2 premiers mondiaux (Rafael Nadal et Roger Federer). Mais pour les médias français, Tsonga qui n’a triomphé d’aucun titre en simple était favori.
Ce chauvinisme est d’autant plus alarmant qu’il ne permet de déceler nos défauts. Pour Nicolas Escudé, vainqueur de la Coupe Davis en 2001, aujourd’hui consultant à Eurosport : « cela fait 25 ans que les français n’ont pas gagné de Grand Chelem, cela fait 25 que cette malédiction frappe les français ». C’est donc cela le sport, si on ne gagne pas on est victime d’une malédiction. Qu’ont bien pu dire les commentateurs serbes, eux qui n’ont jamais gagné de grand chelem avant Djokovic ? Que depuis sa formation au VIIIème siècle, la Serbie est victime de grigris sans doute…
Fort heureusement la France est également dotée d’anciens tennismen avisés et lucides. Interrogé par Laurent Luyat sur les raisons de l’échec des français et françaises à Roland Garros, Henri Leconte avait affirmé ceci : « ils ne gagnent pas car ils ne sont pas au niveau » et d’ajouter : « il n y a pas de honte à le dire, il faut le dire ». Sa réponse avait paru choquer au journaliste sportif qui le qualifia de « pas très gentil envers les joueurs français ». Pourtant chaque année le journaliste présente Roland Garros sur France Télévisions, et chaque année il assiste au cataclysme du tennis français…
A croire que le chauvinisme aveugle et ôte toute objectivité.
Mouniati A. Chakour

février 12, 2008 à 8:28 |
L’ingérence coloniale vue sous l’angle patriotique :
une menace pour l’intégrité territoriale des Comores
Les Comores font partie des pays sous-développés. Il est vrai que nous sommes économiquement faibles et que nous avons besoin des partenaires extérieurs pour le développement. Nous sommes redevables des aides en provenance des pays amis. Mais, il ne fallait pas profiter de cet état de pauvreté pour s’immiscer dans nos affaires intérieures. Ceux qui avaient traité nos ancêtres d’esclaves, ceux qui nous avaient colonisé devaient nous aider à construire l’Afrique et plus précisément les Comores.
Hélas ! Depuis l’indépendance, les Comores sont déboussolés. Pendant que la France se bat pour une Europe Unie, les Comores traversent la phase la plus critique de leur histoire. La dislocation de nos îles semble être programmée. La phase numéro un est accomplie. La République Fédérale Islamique des Comores est enterrée depuis 2001. Actuellement, nous avons entamé la phase numéro deux, le démantèlement de l’Union des Comores par le slogan « autonomie large ». L’intégrité territoriale des Comores est menacée.
Ainsi, après BOB DENARD, MOHAMED BACAR, un citoyen français d’origine comorienne ayant fait ses études dans une école de la gendarmerie française, est montré du doigt comme l’ennemi actuel de la nation comorienne. Le régime du colonel AZALI ASSOUMANI est marqué par le renforcement du pouvoir militaire de MOHAMED BACAR. L’autoritarisme de ce dernier a gravi les échelons depuis l’arrivée de SAMBI au pouvoir. Pendant les 7 ans du règne de MOHAMED BACAR, le bilan est alarmant. Actuellement, nous assistons à la réincarnation du « mobutisme » à Anjouan: enlèvement des opposants, empoisonnement (rumeurs), assassinats politiques, viols, détournements de deniers publics, clientélisme politique,…font le quotidien du peuple. L’ancien colonisateur, les médias internationaux, se réservent de garder le silence malgré les cris d’alarme lancés par la Fondation Comorienne des Droits de l’Homme (FCDH). « Qui ne dit mot consent », disent les politiciens. Mayotte, île sœur des Comores annexée par la France est devenue la base arrière des ennemis de la nation comorienne. Afin de continuer à bénéficier les aides de la France, les autorités comoriennes se trouvent dans l’obligation de se plier devant ses exigences. Le seul dirigeant comorien ayant résisté à ce chantage est notre révolutionnaire ALI SOILIH. Qu’il repose en paix. Il avait compris et il avait dit dans son discours du 14 novembre 1975 : « … l’intégrité du sol de nos ancêtres n’est pas, ne peut pas et ne doit pas être négociable ». Son assassinat n y était pour rien. Le Chef de l’Etat actuel subit les mêmes pressions renforcées par les valets locaux du colonisateur.
C’est dans cette optique que nous disons que les Comores restent toujours une exploitation coloniale. Les canaux d’irrigation à ciel ouvert destinés à son alimentation sont les comoriens ayant trahi leur patrie en choisissant la nationalité française après l’indépendance. Ce sont ces traîtres qui cherchent à déstabiliser les Comores. Par illustration, ils sont les farouches opposants à une intervention militaire à Anjouan pour rétablir l’ordre institutionnel. Au cas où, ils échouent, le colon se trouvera dans l’obligation d’ouvrir les vannes de ses barrages souterrains, il s’agit de corps expéditionnaire, comme il l’a toujours fait avec BOB DENARD en 1989 et 1995 en envoyant ses bérets rouges aux Comores pour le rapatrier en France après avoir achevé ses missions de coup d’Etat. Justice ne sera jamais faite jusqu’à sa mort. Il peut s’agir aussi d’un corps diplomatique comme les ambassadeurs, les ministres,… La visite récente (15 janvier) de Monsieur JOB (ambassadeur de France aux Comores) à Beit-salam en est une illustration…Toutes ses interventions ont comme finalité, d’obtenir de bonnes récoltes pour pouvoir alimenter d’une façon continue les industries (les banques) coloniales.
Malgré ces interventions, le débit est tellement insuffisant qu’il ne permet pas l’irrigation souhaitée par le colon alors que la sécheresse s’annonce rude : le terme « débarquement militaire » effraye le clan colonial. Le rendement risque d’être faible. Le colon n’aura pas de quoi alimenter ses industries. En ce sens, il doit faire usage de pompes pour augmenter le débit avant qu’il ne soit trop tard. L’UE est appelée à la rescousse pour soutenir les décisions de l’UA allant à l’encontre de la volonté du peuple anjouanais depuis longtemps martyrisé par la milice de MOHAMED BACAR. Mais la politique démagogique de la France ne s’arrête pas là, en dehors de l’Europe, elle a trouvé un précieux allié, il s’agit de l’Afrique du Sud. Toutes les conditions sont réunies pour disloquer les Comores comme ils l’ont fait pour l’Ex-Union Soviétique.
Si aujourd’hui, la France s’oppose à l’intervention militaire à Anjouan, depuis 10 ans qu’a-t-elle fait pour résoudre pacifiquement cette crise ? En quoi cela lui concerne ?
De toute façon, ses motivations sont loin d’être humanitaires. En effet, elle n’aurait pas imposé le visa périlleux qui coûte la vie à des milliers de compatriotes voulant s’y rendre sur la terre de nos ancêtres, Mayotte. Encore, il n’aurait pas fermé les yeux sur les violations des Droits de l’Homme perpétrées par MOHAMED BACAR à Anjouan. Encore, elle n’aurait pas accepté que les ennemis de la nation comorienne utilisent notre terre MAYOTTE comme base arrière.
Lors de son arrivée au pouvoir et de son premier discours en Afrique (au SENEGAL) en juillet 2007, nous, Africains, avons pensé que le président français SARKOZY était sincère en disant : « Je suis venu vous parler avec la franchise et la sincérité que l’on doit à des amis que l’on aime et que l’on respecte ». Plus loin dans une conférence de presse, il a poursuivi : « Au nom de cette amitié, la France veut aider l’Afrique à se développer, à s’unir, à se stabiliser, à être un continent de paix ». Mais ces paroles n’ont pas été suivies des faits.
Soutenir d’un côté le régime de DEBY contre les rebelles en renforçant son effectif militaire, en fournissant des informations à l’armée tchadienne, en envoyant même son aviation pilonner les positions des rebelles et de l’autre côté s’opposer farouchement à une intervention militaire de l’Etat comorien contre un dictateur rebelle sanguinaire prouve que la France est partie prenante, comme disait le patriote ALI SOILIH. DE GAULLE nous avait déjà prévenu que la France n’a pas d’ami, mais elle a des intérêts à défendre. Cela se justifie car depuis ce temps, les dirigeants ont changé mais la politique coloniale, celle de diviser pour mieux régner, de tirer profit, d’exploiter les autres, de s’ingérer dans leurs affaires,…est toujours appliquée aux Africains par le biais des dirigeants corrompus et des opposants affamés du pouvoir. D’ailleurs, le secrétaire d’Etat français à la Coopération Jean-Marie Bockel a confirmé en janvier 2008 que la fin de la « Françafrique » ne se fera pas du jour au lendemain. Plus la crise anjouanaise persiste, plus l’occupant en tire profit. Maintenir cette instabilité politique aux Comores, voir les comoriens vivre dans la misère, se noyer dans les lagons de Mayotte,… donne au colon le temps nécessaire d’acheminer notre île vers un tourbillon d’un pseudo-département. Pourquoi a-t-il encore besoin de 12 mois pour débarrasser Mayotte des Comores ?
La chute de MOHAMED BACAR, l’héritier de BOB DENARD, risque de compromette son projet de loi visant à faire de Mayotte un département d’outre-mer, d’où la nécessité d’empêcher l’intervention militaire à Anjouan. L’intransigeance de MOHAMED BACAR et ses acolytes envers les autorités de l’Union des Comores laisse supposer qu’il a reçu une certaine gage de la part des autorités françaises et son exil serait déjà préparé en cas d’échec. De toute façon, la France est renommée depuis longtemps une terre d’accueil. Les supposés génocidaires, les anciens dictateurs, les dinosaures africains,…poursuivis dans leurs pays y mènent une vie noble et rien ne les préoccupent pendant que les peuples africains en général et comorien en particulier continuent leur descente aux enfers. C’est ce que nous appelons en néocolonialisme la « migration choisie » ou en d’autre terme la « migration maîtrisée ». Cette tolérance de la part de l’hôte est synonyme de reconnaissance et d’encouragement pour les candidats qui sont prêts à lui servir au détriment de leur nation. Cependant, cette sorte de légitimation n’est pas sans intérêt majeur. Les sommes faramineuses détournées vont servir à investir dans le pays colonisateur après exil. Ainsi, le prétendant premier partenaire en matière d’aide soutire ce qu’il a donné.
Mais, je me pose encore la question : « Quelle sera la réaction de la France, lorsqu’elle apprendra un de ces jours que des patriotes africains et plus précisément comoriens ont fait coalition avec les indépendantistes corses ?». Qui se ressemblent s’assemblent.
Quant à l’Afrique du Sud, un pays qui a longtemps souffert de l’apartheid traite aujourd’hui avec ceux qui bafouent la dignité africaine. Comment est-il arrivé à soutenir la France contre le gré de l’Union des Comores, d’en finir avec les autorités rebelles d’Anjouan?
Ce qui est malheureux est que l’Afrique du Sud a vécu la même situation que traverse les Comores actuellement. Nous nous souvenons des événements de 1998 au Lesotho. Suite à des élections contestées et associées à des protestations violentes, le pays était entrain de basculer dans la guerre civile. Le pire fut évité, la brève intervention militaire sud-africaine fût sanglante mais a permis de rétablir l’ordre et d’entamer des réformes constitutionnelles. Si aujourd’hui, l’Afrique du Sud refuse d’appliquer les mêmes méthodes alors que pendant la période d’AZALI ASSOUMANI il en était partisan, c’est parce qu’il est un membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies et a besoin du soutien de la France pour la présidence de l’instance de décision onusienne au mois d’avril.
La France est bien consciente que le jour où les Comores connaîtront une certaine stabilité donc un développement économique, le peuple comorien se tournera contre elle pour la question de Mayotte, ce qui est inacceptable pour l’occupant. Quelle serait donc sa stratégie envers les dirigeants allant à l’encontre de ses intérêts?
La période de mercenariat a évolué. Pour les présidents élus démocratiquement comme SAMBI, il sera difficile de commanditer leur chute sans soulèvement populaire. La France sera montrée du doigt et ses intérêts aux Comores seront menacés. Sa politique actuelle serait de rendre impopulaire le chef de l’état en l’impliquant dans un cercle vicieux de réconciliations hypocrites pour faire échouer toutes les initiatives qui ne sont pas en sa faveur. Notons qu’à chaque échec enregistré, le chef de l’état comorien perd de popularité. Une fois franchi cette étape, le manipulateur se tournera vers l’armée et c’est exactement ce que nous assistons actuellement. La France cherche à retarder l’intervention militaire à Anjouan. Pendant que le temps passe, les militaires préparés à y intervenir seront démotivés. Ainsi, l’armée fédérale dont le président est le chef suprême le relâche petit à petit. En se sens, toutes les conditions seront réunies pour faire couler le navire SAMBI avant qu’il ne puisse terminer son trajet et que MOHAMED BACAR puisse accomplir tranquillement sa mission, celle d’escamoter l’Union des Comores. A ce temps, les négociations hypocrites et vaines seront de nouveau activées par le pyromane (le colon) sous prétexte de montrer au monde qu’il est l’artisan le plus soucieux de l’unification des Comores pendant que Mayotte continue sa dérive.
En cas d’intervention militaire, prenons l’exemple actuel du Tchad. Comme nous l’avons souligné plus haut, la France fournit des informations à l’armée tchadienne sur les positions et les conversations des rebelles. Pour les Comores elle n’hésitera pas à faire le contraire, à fournir discrètement les informations nécessaires aux rebelles d’Anjouan en vue de mettre en échec une armée qui défend l’intégrité territoriale des Comores. Toutefois, du moment où elle se rendra compte que le feu brûle de son côté, elle ne tardera pas à envoyer ses sapeurs-pompiers pour sauver ce qui peut l’être. Référons nous aux événements de 2001 à Madagascar.
Si nous revenons sur la situation de septembre 1997, lorsque l’armée fédérale a mis le cap vers Anjouan, avant même que la nouvelle soit entendue aux antennes de la Radio Comores, RFI était la première à la propager au monde. Ce qui est sûr, si l’armée comorienne était déroutée c’est parce que le soulèvement était populaire. On peut lire dans la revue Kashkazi n° 64: « Comment la manipulation a-t-elle pu être à ce point efficace ? La pauvreté, le désespoir, la proximité de “Maore française” et l’ignorance sont des éléments d’explication, de même que les séquelles de la colonisation. Mais l’ambiguïté entretenue sous plusieurs formes par la France ont également joué un rôle primordial dans la mystification dont a été victime la population de Ndzuani ». Mais aujourd’hui, les Anjouanais se sont rendu compte qu’ils étaient bernés et utilisés par des pseudo-comoriens qui se sont et qui continuent à s’enrichir sur leur dos. En effet, ceux qui ont soutenu hier, le feu TAKI ABDUL KARIM et le colonel AZALI ASSOUMANI sont devenus les mains droites de MOHAMED BACAR. Cette attitude caméléonesque justifie de plus que la motivation de ses hommes sans dignité ni loyauté est basée dans leur survie politique. MOHAMED BACAR a mal géré l’exploitation de son maître. Conscient qu’il a perdu le soutien de la population anjouanaise, il ne veut plus entendre parler des « élections libres et démocratiques » et cela sous la bénédiction de la France. Dans son discours du 31 décembre, il a déclaré : « Je m’engage personnellement à reprendre mon uniforme pour faire face aux mercenaires envahisseurs,… ». Les mercenaires envahisseurs à qui MOHAMED BACAR fait allusion c’est l’ AND, l’ Armée Nationale de Développement des comores.
C’est dans ce contexte que je rappelle aux dictateurs ce que disait DE GAULLE : « on ne peut gagner une guerre si on n’a pas le peuple ». Sachez que la colère de ce dernier est un torrent qu’on ne peut endiguer. N’oubliez pas les sorts de Nicolas CEAUSESCU en Roumanie, de Sese Seko MOBUTU en Ex-Zaïre, de Charles TAYLORS au Liberia, etc.
Pour la France, il est temps qu’elle revoit sa politique envers les Africains avant que la situation ne se retourne contre elle. Les cas de Madagascar en 2001, de la Côte-d’ivoire pendant la rébellion et du Rouanda devaient lui servir de leçon. Dans son article du 05/11/07 publié dans blogidriss.blogspot.com, Idriss M.C. va jusqu’ à s’interroger si la raison l’emportera ou bien l’obstination ira encore bloquer toutes les issues et préparer aux peuples comoriens et français un lendemain désastreux. Le même auteur poursuit : « La loi du plus fort, l’oppression de tout un peuple ne peut que conduire à des catastrophes, le terrorisme des faibles enseigne cette salutaire leçon de l’Histoire de l’Humanité».
Quant à l’AU, elle a depuis longtemps prouvé son inefficacité dans tous les conflits africains. C’est une organisation dont les pays membres sont dirigés par des hommes à la solde des occidentaux. Ce n’est pas dans cette organisation qui cautionne la dictature que nos dirigeants devaient compter pour solutionner la crise comorienne.
Si MAYOTTE n’était pas annexée, les Comores ne seraient pas arrivés au stade du séparatisme. « Ce n’est pas parce que la poule vient chaque matin déposer sa crotte sur le seuil de ma porte que je ne mange plus son œuf ! En coupant la tête de la poule, je me prive de son œuf ». La France est un mal nécessaire aux Comores, la Banque Nationale de Paris a le contrôle absolu de la valeur du franc comorien. Du moment où nous continuons à croire que la France est la première partenaire et la meilleure amie des Comores, alors que depuis l’indépendance jusqu’ à nos jours la situation économique de notre pays continue à s’empirer à cause de son ingérence et que Mayotte poursuit sa dérive, je pense que nos dirigeants sont entrain de mener les Comores vers la ruine.
Je rappelle qu’après l’indépendance, les Comores étaient une république, aujourd’hui, elles constituent une union. Si nous, patriotes, ne réagissons pas dès maintenant pour enrayer la spirale de l’ingérence coloniale, les autres générations vivront dans quatre îles indépendantes et pourtant nous sommes de la même descendance, avons les mêmes cultures, la même religion, parlons le même dialecte,…Une telle situation est contradictoire à notre histoire. Seule, la France en aura l’usufruit. En effet, à l’ONU, le dossier de Mayotte sera classé. Après avoir détruit notre nation, le colon fixera les frontières de chaque île. Ses objectifs seront ainsi atteints.
Entretenir des relations bilatérales avec le gouvernement français ne veut pas dire que nous devons baisser la garde et nous laisser toujours opprimer.
Il est temps que nos dirigeants et les jeunes comoriens sortent de la léthargie. Le patriotisme est la seule voie pour exhorter la fierté de notre nation.
Vivent les Comores dans leur intégrité.
Nourddine MIRHANI
Militant de Jeunes Patriotes Comoriens (JPC)
Technicien Supérieur en environnement
Etudiant en géographie à l’Université de Toliara